Le panoramique est un sujet très vaste à traiter, au même titre que le portrait ou la macro. Des livres lui sont exclusivement consacrés, c’est pourquoi je ne prétends pas, en ces quelques lignes, couvrir l’ensemble du sujet. Je vais donc aborder ce thème de façon assez simple, en parlant des techniques de prise de vue avec un appareil numérique classique (non spécialisé dans la prise de vue panoramique), et de l’assemblage de vos clichés sur Adobe Photoshop CS3. L’objectif n’étant pas nécessairement de concevoir des panoramiques « pro » mais de s’initier simplement à cette pratique en laissant de côté certains aspects très techniques.

Commençons par faire le tour du matériel nécessaire à la réalisation de votre panoramique. En premier lieu, il vous faudra bien entendu un appareil photo ! compact ou reflex numérique. L’idéal étant de disposer d’un appareil de type reflex pour garder plus de liberté dans le choix de l’optique. Certains appareils ont été conçus spécialement pour la prise de vue (en argentique oui mais numérique ??) au format panoramique mais, par définitions, ceux-ci sont assez peu répandus donc nous n’aborderons pas ici leur utilisation.
Le second élément indispensable : le trépied, le plus stable possible et de préférence équipé d’un niveau. Il est possible de prendre des panoramiques « à la main », mais uniquement lorsque le sujet est éloigné (paysage par exemple), et le rendu est plus aléatoire.
Enfin, pour le montage, il vous faudra un logiciel spécialisé. Personnellement, j’utilise le Module « PhotoMerge » d’Adobe Photoshop. Il est complet et plutôt efficace. Il existe d’autres logiciels de montage tels que Panorama Factory, Stitcher 5.5, ImageAssembler, ou encore Panoweaver (tous ces logiciels sont payants et disponibles en version de démonstration).
Il y a toutefois une solution gratuite pour effectuer vos panoramiques. Il s’agit des logiciels « panotools » et « Hugin » que je n’ai pu tester que partiellement pour le moment, j’y reviendrai surement dans un prochain post pour plus de détails.
1. LA PRISE DE VUE

La prise de vue est bien entendu l’étape la plus délicate, puisque de votre précision dépendra le rendu final de vos clichés. Ci dessus, un shéma présentant les deux principaux types de prise de vue en panoramique (Ici présentés pour un format horizontal, mais valables à la verticale). Le choix de la technique à adopter se fera essentiellement en prenant en compte la nature du sujet traité et votre distance par rapport à celui ci.
La première technique, représentée par la couleur rouge, est la moins utilisée puisque destinée à des conditions très particulière et nécéssitant une précision plus importante. Elle consiste en effet à déplacer le trépied sur une ligne horizontal par étapes régulières. chaque photo devant contenir 20% de la précédente pour un montage optimum. ce type de technique nécéssite une surface au sol la plus régulière possible mais est idéal pour créer un panoramique « à plat » d’un sujet à mi-distance (une rue vue du trottoir d’en face, une station de métro sur tout sa longueur etc…). Si la prise de vue est effectuée correctement, le résultat peut être surprenant. Avec cette technique, il n’y a aucune déformation de l’image puisque l’appareil se déplace de façon rectiligne, parallèlement au sujet. Faire toutefois attention aux réglages optiques et lumineux de votre appareil. Il est préférable de passer en mode manuel afin d’éviter que l’appareil change vos réglages entre deux poses. ce sera à vous de compenser un éventuel changement de luminosité entre deux étapes. N’hésiter pas à faire plusieurs clichés de chaque étape, selon la bonne vieille méthode : 1 cliché sous exposé, un second en exposition optimale, puis un troisième légèrement surexposé… Vous disposerez ainsi des informations suffisantes pour compenser les défauts qui pourront apparaître entre plusieurs clichés. Il peut être pratique également de marquer au sol a l’aide d’une craie vos points de repère (dans la mesure du possible bien entendu).
La seconde technique, marquée en vert, est la plus utilisée car la plus facile à mettre en oeuvre. Elle consiste à faire pivoter votre appareil sur l’axe du trépied sur l’angle désiré (jusqu’à 360°). Comme avec la première technique, chaque cliché devra contenir environ 20% du cliché précédent pour obtenir de bons raccords. Bien vérifier grâce à votrre niveau que le trépied est droit pour ne pas obtenir une image qui serait inexploitable. Ici aussi, il est indispensable de travailler en mode manuel car en travaillant à 180° ou 360°, en extérieur comme en intérieur, vous avez toutes les chances de rencontrer des luminosités tres différentes. Cette technique est idéale pour les paysages ou lorsque le sujet est à bonne distance, mais fonctionne également en intérieur. Si vous disposez d’un reflex, l’objectif devra être adapté à la situation (+ ou – grand angulaire). N’hésitez pas à effectuer des tests. Le principal défaut de cette méthode est la déformation optique qui en résulte. En effet, suivant la distance de votre sujet et l’objectif utilisé, vous pourrez très vite obtenir une image complètement déformée, qu’il faudra corriger lors du montage.
De plus, cette méthode n’est pas tout à fait exacte car les raccords obtenus ne seront pas toujours bons (principalement si votre sujet est proche). La vraie technique consiste à ne pas faire pivoter l’appareil sur son axe mais sur celui de la pupille d’entrée. Le problème majeur est que cette pupille d’entrée dépend de l’objectif et de la focale utilisée, elle est donc changeante et oblige en pratique à placer l’appareil sur une rotule. Ceux qui souhaitent en savoir plus trouveront ici une explication complète sur le sujet.
2. ASSEMBLAGE DES PHOTOS :
Comme expliqué en début d’article, nous allons procéder à l’assemblage des photos sur Adobe Photoshop CS3 et son outil de montage Photomerge.
Tout d’abord, il s’agit de sélectionner les photos qui composeront votre panoramique. Si vous avez pris chaque étape à plusieurs reprises, avec des réglages différents, il va falloir faire le tri ! Définissez tout d’abord le nombre de photos qui composeront votre panoramique, puis choisissez l’ensemble le plus cohérent au niveau des lumières / contrastes / couleurs. N’hésitez pas, si nécéssaire, à apporter quelques modifications à l’une des images dès cette étape. Vous pourrez retraiter l’image par la suite mais ce sera un peu plus délicat ; mieux vaut ne garder que les réglages minimes pour la fin.
Ouvrez donc les différentes étapes de votre panoramique dans Photoshop. Pour cet exemple, je dispose de trois photos pour former mon ensemble.

Dans le menu « Fichier –> Automatisation », sélectionnez « PhotoMerge ». Une boîte de dialogue s’ouvre et vous demande de sélectionner les documents à traiter. Sélectionnez les trois photos en appuyant sur « Ajouter les fichiers ouverts » ou cliquez sur « parcourir » pour importer vos fichiers. Dans la colonne de gauche, différents types de traitement sont disponibles. Le mode automatique analyse la photo puis détermine le meilleur traitement à appliquer. Si votre tentative en automatique n’est pas un succès, essayez l’un des autres modes. Le mode perspective va déformer beaucoup la photo mais peut s’avérer utile pour donner du « relief » à vos panoramique. Le mode cylindrique est relativement polyvalent et fonctionne très bien la plupart du temps. Ici le choix dépend en fait de votre prise de vue, de sa nature (angle, objectif…). A vous donc de tester les différentes possibilités

A partir de cette sélection , le logiciel va maintenant faire une analyse rapide de vos images, déterminer les points de liaison et vous proposer un assemblage.
Si vos photos ont été prises avec précaution, le rendu est propre et vous n’aurez pas à le modifier. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez, en mode « disposition interactive », sélectionner dans l’interface, l’une des photos et la replacer à votre guise. Le logiciel s’efforcera alors de trouver de nouveaux points de liaison et de fusionner les clichés. N’hésiter pas à zoomer pour vous assurer qu’il n’y a pas d’incohérences au niveau des « jointures » (objets en double, coupures trop nettes etc.)

Toujours en mode « interactif, Vous pouvez à tout moment enlever une étape en la plaçant dans la barre du haut, elle sera réutilisable par la suite si nécessaire. La principale option proposée a droite est le choix de traitement de l’image : « normal » pour un rendu à plat ou « perspective » pour redonner, dans le cas d’un panoramique à 180° par exemple, l’effet de perspective et ainsi compenser les déformations du sujet. En contrepartie, le format du panoramique, lui, sera plus ou moins déformé. Vous serez, dans certains cas, obligé de recadrer votre document.
Une fois votre montage validé, Photomerge assemble vos clichés et ouvre un nouveau document avec votre panoramique.
Malgré l’attention apportée aux réglages durant la prise de vue, il arrive que des différences de luminosité gênantes ou des déformations subsistent entre plusieurs parties de l’image comme dans l’exemple ci dessous.

Dans le cas d’un problème de luminosité, il n’est pas nécessaire de reprendre l’ensemble du processus. Sélectionnez simplement la partie posant problème avec un cadre de sélection, puis appliquez lui un contour progressif (la taille du contour progressif dépend de la taille de votre document, à vous de tester ! ). Celui-ci doit être assez important pour qu’on ne sente pas de démarcation, mais ne doit pas couvrir une trop grande partie de l’image (zones à ne pas traiter). Appliquez dans cette zone les réglages voulus (luminosité / contrastes et autres) pour obtenir un ensemble cohérent.
Enfin, recadrez votre image, et appliquez à l’ensemble les traitements que vous souhaitez.


N’hésitez pas à faire tout un tas de tests à partir de vos clichés pour essayer d’en sortir des panoramiques différents. Le résultat est parfois assez étonnant lorsque l’on travaille sur des angles importants.
A vos appareils ! :)
Jeremy Barré



Utilisant régulièrement ce format photo assez particulier, j’ai bien aimé la façon dont vous l’avez présenté. Par contre, attention, vous oubliez de citer une chose essentielle pour la deuxième technique, c’est que l’on ne doit pas tourner autour de l’axe du trépied, mais autour du point nodal de l’objectif utilisé, point autour duquel tous les plans de l’image, proches ou lointains ne bougent pas les uns par rapport aux autres. Pour des panoramiques où les sujets sont assez proches, cela peut poser problèmes à l’assemblage.
Concernant les softs d’assemblage, vous oubliez de citer PTgui, qui est aussi une référence en matière d’assemblage comme Stitcher.
Vincent OGloblinsky
Tout d’abord, merci pour votre contribution !
J’ai effectivement mis de coté certains aspects du panoramique pour ne parler que des techniques faciles à aborder par le plus grand nombre, l’utilisation d’une rotule étant un peu plus complexe. Dans l’article je mets toutefois un lien pour plus d’information sur le point nodal ici.
J’encourage au passage la lecture de cet article, il est très bien fait.
Suite à votre commentaire, voici le lien vers le site de l’éditeur du logiciel que vous mentionnez :
PTgui
à bientôt
Jeremy