
Milomir Kovacevic expose actuellement, à la galerie Fait et Cause, une série de photographies d’objets intimes.
Un grand nombre de personnes originaires de Sarajevo s’est exilé à Paris pendant la guerre. Elles ont bien souvent dû fuir leur pays en laissant derrière elles une grande partie de leurs affaires, ne gardant que quelques objets, les plus importants. Ceux-ci sont devenus d’une grande valeur sentimentale pour ces personnes qui sont arrivées et vivent aujourd’hui à Paris. Que ce soit la poudrière d’une grand-mère inconnue, un dessin de Paco Rabane ou la plaque d’immatriculation de la première skoda (skadillac !), ces objets représentent leur terre natale.
Milomir Kovacevic nous présente dans cette exposition de petites photographies noir et blanc encadrées. De brèves descriptions écrites au crayon à papier sur le canson blanc cassé nous racontent l’histoire de ces objets et pourquoi ils sont si importants pour ces Sarajeviens.
Cette exposition est un beau projet qui raconte l’exil des Sarajeviens. Une histoire émouvante sur l’attachement au passé, aux racines, à travers cette multitude d’objets personnels. Nous sommes tous plus ou moins matérialistes et nous avons tous nos objets fétiches auxquels nous sommes attachés. Dans le cas des Sarajeviens, l’auteur nous les montre avec poésie et humilité.
Le projet « Sarajevo dans le cœur de Paris » a longtemps mûri en moi. Dès le début, je savais qu’il ne pouvait pas être réalisé sans la participation de ceux et de celles qui ont fait partie de cette ville pendant de longues années et qui se trouvent aujourd’hui à Paris certains par choix, d’autres par hasard – Milomir Kovacevic
Les chaussures
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« Tant de choses dans une si petite paire de
chaussures…C’est dans ces chaussures qu’à 3 ans et demi
mes pieds m’ont portée vers Paris afin d’échapper au conflit
commençant en Bosnie, mon pays natal.
Et c’est dans cette paire de chaussures que je vois ce que
j’ai évité, mais aussi ce que j’ai manqué car c’est il y a deux
ans que j’ai compris ce qu’est mon pays, ma ville, que j’ai
pu voir tout le merveilleux de Sarajevo et car c’est
aujourd’hui, avec mes yeux de jeune adulte de 18 ans que
je sais que je suis faite pour y vivre. »
Déa
La valise
« J’avais 7 ans quand mon père me l’a offerte pour mon
premier départ en colonie de vacances à Zelenika. J’en
avais 37 quand je l’ai préparée quelques mois avant que la
guerre éclate à Sarajevo, au cas où je doive quitter ma
maison en toute hâte. J’y ai rangé ce que je croyais le plus
important : des documents, cinq lettres de mon mari, des
relevés de notes et mèches de cheveux de mes enfants, un
répertoire téléphonique, des antibiotiques…En partant, je
ne l’avais pas prise.
Plusieurs années après, je l’ai retrouvée à l’endroit même
où je l’avais laissée alors que tout ce que je possédais
d’autre avait disparu. »
Sanja
Je tiens à remercier personnellement Milomir Kovacevic pour les images suivantes qu’il nous a fournit pour l’écriture de cet article.







Galerie Fait et cause
58, rue Quincampoix 75004 Paris Métro : Rambuteau, les Halles Du mardi au Samedi, de 13h30 à 18h30. Prix : Entrée libre. plus d’informationLa Galerie Fait & Cause est une création de l’association « Pour Que l’Esprit Vive« . Elle a pour mission de favoriser la prise de conscience des problèmes sociaux où qu’ils se présentent à travers le monde. Elle a choisi de privilégier le médium qui se prête le mieux à la dénonciation des injustices, des inégalités et de la misère : la photographie.
La programmation et la présentation des expositions ont été confiées à Robert Delpire.
A bientôt,
Baptiste Galea



Merci pour le lien
J’ai ausi bien aimé votre article sur Saul Leiter
Bonjour, savez vous si des expositions sur le même thème sont prévues prochainement sur Paris ?
Bonjour, Non nous n’avons pas cette information! Bonne lecture