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Actualité, Expositions

Georges Rousse, Tour d’un monde, à La MEP

28.04.08 | Oriane Leroux | Comment?

Baldwin
Baldwin, 2006 © Georges Rousse

Une chose est certaine la figure du photographe, et ce depuis l’invention du médium, est souvent associée à un personnage mi-rêveur mi-poète flânant au gré des découvertes. En cela, si la photographie a connu bien des difficultés pour s’imposer comme art, le praticien a quant à lui été rapidement mystifié selon les mêmes principes que les artistes. Ces photographes-promeneurs ont notamment officié dans la première moitié du XXe siècle. Leurs images nous permettent de conserver l’esthétique d’un passé aujourd’hui disparu ; Eugène Atget, Brassaï, Robert Doisneau en sont les grandes figures emblématiques. Bien des années plus tard, ces notions n’ont pas disparu. C’est ce que nous prouve la Maison Européenne de la Photographie où se tiennent jusqu’au 8 juin deux expositions consacrées à deux artistes contemporains. La plus importante, d’abord en termes de surface, est dédiée au photographe Georges Rousse. Sur quatre étages, cette exposition au titre poétique ; Tour d’un monde, rassemble ses œuvres majeures depuis l’année 2000. Nous est présenté ici le travail d’un artiste globe-trotter arpentant le monde depuis plus de trente ans.

Casblanca
Casablanca, 2003 © Georges Rousse

« Architecte d’un espace intérieur, cet archéologue de l’invisible glisse des mots dans l’espace, élabore des figures monochromes, utilise l’architecture du site comme support d’un tableau […] A travers l’objectif, il s’attache non pas à figer le réel, mais à créer un mirage, une illusion, perceptible d’un seul endroit. » C’est en ces termes que la MEP nous décrit Georges Rousse. Face à la multiplication des textes explicatifs dans les expositions temporaires la surprise ici est des plus agréable ; non seulement le propos est précis mais il est également complet et averti. Nous pouvons alors à notre tour partir en promenade au gré des images du photographe. Répartie sur quatre étages et fragmentée, la muséographie nous perd et nous oblige à articuler nous même l’espace. A nous de découvrir le monde de Georges Rousse.

Si vous en avez le temps associez la visite de Tour d’un monde à la seconde exposition temporaire qui se tient au sein de l’espace exposition permanente (3e étage). Il s’agit de la première rétrospective de l’artiste Valérie Belin. Bien que leurs conceptions artistiques soient différentes, le fait que ces deux événements aient lieu aux mêmes dates n’est bien sûr pas un hasard, ils résultent de la même volonté de la MEP de présenter des artistes contemporains dans une réelle démarche muséale. Et, il faut le dire, le tout est très réussit. La muséographie est rigoureuse, le propos est clair, et surtout les œuvres sont belles !

Pour compléter la visite pensez à consulter les désormais systématique catalogues. Pour l’exposition George Rousse l’ouvrage est publié chez Actes Sud, pour la rétrospective Valérie Belin vous le trouverez chez Steidl & Partners. Vous pouvez aussi voir une dizaine de photographie de Georges Rousse à la galerie RX, du 11 avril au 24 mai.

Oriane Leroux

Irrel
Irréel, Genève, 2003 © Georges Rousse

Galerie RX

Galerie RX
6 avenue Delcassé
75008 Paris

Maison Européenne de la photographie

Maison Européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
Métro: Saint Paul ou Pont Marie.
Bus: 67, 69, 96 ou 76.
Renseignements : 01 44 78 75 00
Entrée : 6 €
Tarif réduit : 3 €
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