Erwin Olaf

Erwin Olaf

Après nous avoir mis l’eau à la bouche en exposant une partie de la série Grief à la dernière édition du festival Paris Photo, la Flatland gallery (galerie néerlandaise d’Erwin Olaf) s’est associée à la galerie parisienne Magda Danysz pour nous proposer l’intégralité de sa toute dernière série.

On retrouve dans Grief, l’esthétique caractéristique d’Erwin Olaf, telle qu’elle est apparu dans ses précédentes séries : décors années 50, personnages à l’allure impeccable et aux visages figés.

Dans sa dernière série, Hope, les personnages étaient dans l’attente d’un événement ; ici, l’action s’est déjà produite et nous sommes les témoins des réactions de ces personnages, qui sont comme figés dans un espace temps arrêté.

Plongé dans l’intimité des personnages, le spectateur se retrouve en position de voyeur, à la fois gêné et ébloui par la beauté qui émane de ces scènes dramatiques.
Ces photos nous invitent donc à reconstituer ces évènements elliptiques, à imaginer les « griefs » (qui veut dire « peines » en français) subis par chacun.

Erwin Olaf Barbara

Erwin Olaf, Barbara, Grief serie, 2007, 
courtesy galerie Magda Danysz -Flatland Gallery.
Erwin Olaf troy
Erwin Olaf, Troy, Grief serie, 2007, 
courtesy galerie Magda Danysz -Flatland Gallery

Erwin Olaf Victoria

Erwin Olaf, Victoria Portrait, Grief serie, 2007, 
courtesy galerie Magda Danysz- Flatland Gallery

Ces grand tirages mats, toujours remarquables par leur compositions et le travail de la lumière, sont enrichis de détails (un mouchoir serré au creux d’une main, une bouteille de whisky posé sur la table basse…) qui nous permettent de déceler cette « mélancolie qui nous dépasse mais qui nous touche immanquablement », comme nous l’explique le texte de présentation de la galerie.

Le film de la série Grief, est projeté au sous sol de la galerie, car, comme à son habitude, Erwin Olaf présente une vidéo et des photographies pour chaque série. Dans ce film, on retrouve son art de filmer des intérieurs à l’élégance figée, comme on a pu l’apprécier dans son précédent film Le dernier cri , ici habité par deux personnages raidis dans leur difficulté à partager leur douleur.
Sont projetés également ses précédents films et une nouveauté : Rain.

N’hésitez pas à monter à l’étage (assez mal indiqué) où vous trouverez des tirages dans un format plus petit des photos présentées au rez-de-chaussée , qui proposent une approche différente des œuvres.

Anaïs Montevecchi

Exposition Erwin Olaf
Galerie Magda Danysz
78, rue Amelot – Paris 11ème
ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h
et le samedi de 14h à 19h
Jusqu’au 17 mai

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2 comments on "Erwin Olaf"

  1. ça donne très envie,j’avais entendu parlé de la galerie néerlendaise et j’y ferai un tour.

    Je trouve des similarités flagrandes avec les portraits du Moyen âge Flammand. Ce n’est sans doute pas une coïncidence vu ses origines.

    Aussi son site est vraiment très bien (www.erwinolaf.com) car on peut zoomer à volonté sur les détails des photos et apprécier le moindre objet. Dans cette série Grief, j’adore l’utilisation du mobilier années 50 comme second personnage de la photo.

    La série « Grief portraits » est magnifique, j’avais moins été emballée par « Hope portraits ».

    En tout cas ça a l’air d’être une expo sympa.

  2. Un des photographes incontournables du moment.
    A voir et à revoir!!!

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