
© Matthieu Casimiri
Matthieu Casimiri expose à la galerie du lucernaire une belle série de photographies poétiques prises en Asie sur la relation entre l’Homme et la ville.
Dans un monde où de plus en plus de personnes vivent en ville, où les mégalopoles se multiplient à travers le monde, l’Asie est l’un des continents qui connaît le plus gros bouleversement d’urbanisation. On compte, par exemple, plus de 10 cités géantes de plus de 7 millions d’habitants en Asie. Tokyo, Seoul, Delhi ou encore Shanghai sont des monstres terrifiants où l’homme tente de s’intégrer et de survivre dans ce qu’il a lui-même créé.
De ces traumatismes d’urbanisations, où les foules s’entassent dans des petits espaces découle une promiscuité qui ne rime pas forcément avec socialisation. Les gens semblent se côtoyer, cohabiter dans ces jungles où l’espace se fait rare. L’individualisme et la solitude font partie des grands clichés de ces monstres urbains, mais nous avons plutôt tendance à comparer ces phénomènes à nos villes occidentales et à nous représenter dans notre imaginaire des villes asiatiques surpeuplés et pleines de vie.

© Matthieu Casimiri
Les tirages de Matthieu Casimiri nous montrent que cette solitude et cette intégration de l’homme dans la ville existent et sont toutes aussi vraies et réalistes en Asie. Avec un regard sous l’épaule de son homme, une jeune femme nous lance un regard triste et doux dans un monde couleur pastel. Souhaitait-elle rentrer en contact avec cet homme en costume cravate le téléphone à l’oreille ? Que ce soit dans un parking souterrain ou devant une grande chaîne de magasins ; les regards se perdent.
Matthieu nous démontre l’isolement de l’homme dans ces images propres et bien tirées. Mais l’auteur ne juge en rien ces villes et leurs habitants, il nous montre avec poésie et un brin d’émotion leurs vies, les regards et les instants qu’il a su capturer. Faire la sieste dans une voiture ou traverser un passage clouté sous la pluie avec un parapluie rouge, voilà des situations simples que notre auteur nous dévoile avec justesse.

© Matthieu Casimiri
Le photographe travaille comme ingénieur et profite de ses contrats d’expatriation principalement en Asie pour partager sa vie à travers ses images. Qu’elle soit belle, triste ou simplement poétique, il nous la montre comme il la ressent, avec une belle humilité. Il se tient très disponible pour discuter de ses expériences et de ses images en essayant d’être présent un soir sur deux, un chaleureux accueil est donc à prévoir dans cette galerie du lucernaire qui est d’abord un théâtre. Pourquoi ne pas combiner cette exposition avec un petit tour du côté des planches ?
Baptiste Galea
Je tiens à remercier personnellement Matthieu Cassimiri pour les images qu’il nous a fournit pour cet article.
© Matthieu Casimiri




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