«
»

Actualité

« Chaque photo a son histoire » – entretien avec Dimitri Beck

10.07.08 | Tristan Dufes | 1 Comment

logo polka

Lancé depuis le début de l’année, le projet Polka Magazine-Polka Galerie- est venu rafraîchir le petit monde de la presse photographique à grands renforts d’images imprimées sur doubles pages et de clichés de photographes connus et reconnus, ou gagnant à l’être. Rencontre avec une publication où l’image est le coeur du propos, et le texte est illustration.

Fill-in : Pourquoi un petit chien et pourquoi Polka ?

Polka : Polka est bien le nom d’un chien (un Jack Russel), comme le montre le logo. C’est le chien de la famille Genestar (Adélie et Edouard), qui est à l’origine de la création de la galerie, en 2007, avec une première exposition intitulée « Stars ». Polka, c’était le nom de code, qui a été conservé définitivement pour le projet.

Fill-in : Donc le magazine est apparu après la galerie ?

Polka : En effet, c’est d’abord l’idée de la galerie qui a vu le jour : Edouard et Adélie, par leurs parents – Alain Genestar et Brigitte Bragstone- et par Paris-Match, ont toujours baigné dans le milieu du journalisme, et dans celui de la photographie. L’idée a donc été d’exposer le travail des photographes ; d’où Polka galerie. Par la suite, Alain Genestar a dû quitter Paris-Match, et il avait ce projet de revue de photojournalisme qui mûrissait. L’idée a donc été de monter un projet commun entre le magazine et la galerie. Il est parti aux Etats-Unis, rencontrer des gens du métier, et a recontacté des photographes avec qui il avait déjà pu travailler, comme James Nachtwey dont il avait entre autres publié les clichés du 11 septembre dans Paris-Match.

Fill-in : L’idée fondatrice du magazine, et de l’ensemble du projet, c’était de proposer un autre regard sur le photojournalisme…

Polka : Oui, c’est véritablement une revue entièrement consacrée au reportage et au photojournalisme. A la différence d’autres revues de photographie qui présentent un portfolio et juste un reportage, il s’agit pour nous de donner de l’espace, d’ »ouvrir nos pages » (comme le dit Alain Genestar), de raconter des histoires en images et en textes, avec les articles qui viennent accompagner, étayer, détailler le travail des photographes sur leur terrain, le choix de leur sujet, les difficultés ou les facilités auxquelles ils ont fait face, les rencontres qu’ils ont faites, donner les coulisses de la réalisation des reportages…

Mur polka magazine

Fill-in : Le choix des photographes a donc été orienté par cette vision du photojournalisme, mais qu’en est-il du choix des photos en elles-mêmes ?

Polka : On ne cherche pas à montrer une photo et dire : « voilà une photo abstraite, elle est belle, elle plaît ». On est là pour demander : « que veut dire cette photo ? Pourquoi cette photo-là ? » Chaque photo s’inscrit dans une histoire particulière, celle d’un groupe d’hommes, de leur quotidien et de leur vie ; mais elle témoigne aussi des grands changements, des grands maux, des grandes tendances que les sociétés rencontrent au fil de l’Histoire. On a donc une partie consacrée au regard sur l’Histoire, comme dans le numéro actuel du magazine –qui traite du regard sur 1968 de deux grands photographes, G. Caron et D. McCullin –, et une partie très actuelle, ici le premier dialogue photographique entre Israël et Palestine.

Fill-in : A ce sujet, comment s’est concrétisé ce dialogue entre les deux photographes, l’israëlien et le palestinien ?

Polka : C’est Didier Rapaud, membre du comité éditorial de Polka magazine, commissaire du festival de la Mer de Vannes, qui nous a proposé ce sujet réalisé avec l’agence BluePress sur le travail de ces deux photographes. On montre le quotidien, aussi difficile soit-il, mais avec ses moments de légèreté, ses parenthèses au-delà des armes, et de l’actualité toujours focalisée sur les explosions et des menaces qui planent sur cette région.

Fill-in : Finalement, s’il y avait un dénominateur commun entre tous ces photographes, quelque chose qui les rassemble dans cette galerie, ce serait quoi ?

Polka : « Chaque photo a son histoire »… Elle peut être une photo de guerre, un cliché plus léger d’une star, une photo mise en scène mais qui parle du quotidien… il n’y a pas de style en particulier. Le photojournalisme reste un regard, un témoignage sur la société et sur les hommes.

Fill-in : Des projets à moyen terme pour l’expérience Polka ?

Polka : Que Polka devienne un nom à part entière, une référence dans le monde du photojournalisme. Nous avons déjà eu des retours très positifs à tous les niveaux, sur le magazine comme sur l’exposition, et nous espérons continuer à nous développer, pour parvenir à s’imposer à la fois en France et à l’étranger.

Paris, le 02 juillet 2008
Pour Fill-in : Tristan Dufes
Pour Polka : Dimitri Beck, rédacteur en chef de Polka Magazine

Pour plus d’informations :

La galerie : Polka Galerie, 104 rue Oberkampf, 75011 Paris
Horaires : du lundi au samedi sauf jours fériés, de 11h à 19h30.
Exposition actuelle : jusqu’au 30 Septembre

La revue : Polka Magazine
Numéro 2, juin-août 2008, disponible en kiosque et à la galerie, dans les librairies spécialisées photo et certains musées à Paris comme le Louvre, Orsay et le Jeu de Paume. Le numéro 1 est malheureusement épuisé mais il est téléchargeable gratuitement sur le site de polka.

A voir sur fill-in.fr : polka galerie, polka magazine.

Egalement sur la toile

Toutes images : avec l’accord gracieux de Polka Magazine.

1 Commentaire

  • Le 11.12.08 Polka Magazine N°3 | Fill-in a écrit:

    [...] A voir sur fill-in.fr : polka galerie, polka magazine et Entretien avec Dimitri Beck, rédacteur en Chef de Polka Magazine. [...]

Exprimez-vous !

Ajoutez un commentaire ou un trackback depuis votre site. Subscribe to these comments.

Soyez sympas, respectez les autres, et bien sûr pas de spam !

Vous pouvez utiliser ces tags
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

:

:


«
»