Photo : Jeremy Barré © 2008
Du 25 août au 1er septembre 2008, avait lieu aux États-Unis, l’un des événements les plus originaux et loufoques de la planète : Le Burning Man. L’équipe de Fill-in s’est rendue sur place pour participer à cette expérience pour le moins… extraordinaire.
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Black Rock City : Une ville qui renaît et qui meurt chaque année en une semaine dans l’un des déserts les plus arides des États-Unis, au nord est de Reno dans le Nevada. 40 °C le jour, jusqu’à -10°C la nuit, une poussière alcaline si fine qu’elle s’introduit absolument partout en quelques minutes et assèche la peau avec une efficacité redoutable. Des tempêtes de sable aussi violentes que soudaines, 60 000 personnes venues du monde entier, et au milieu, le « Man » ; dieu païen dressé au centre de la cité, fier, majestueux. L’ambiance est posée…
Photo : Jeremy Barré © 2008
Tout commence en 1986, lorsque Larry Harvey initie la crémation festive du « Man » sur une plage de la baie de San Francisco. Dans les années 1990 et pour faire face au succès de l’événement, celui-ci est déplacé dans le désert de Black rock, Nevada. A ses origines, le festival accueille essentiellement des Américains habitant la baie, mais aujourd’hui, des burners du monde entier se retrouvent, chaque année plus nombreux, pour y participer durant la dernière semaine d’août.
C’est dans la nuit du 24 au 25 que nous arrivons près de Gerlach, petit village indien perdu à une heure de route de toute ville digne de ce nom. Dernière étape « civilisée » avant d’entrer dans l’inconnu. Bien entendu, nous ne sommes pas seuls ; des centaines de véhicules convergent vers l’entrée du désert, créant une file continue sur plusieurs
kilomètres… il nous faudra attendre 3 heures avant d’entrer enfin dans Black Rock City, et participer au rituel obligatoire pour tout « virgin burner » (premier Burning Man): se rouler dans la poussière et sonner la cloche pour enfin devenir un Burner, un vrai !
Photo : Jeremy Barré © 2008
De tous, le premier matin est de loin le plus étrange. Il est 7 heures, les premiers rayons du soleil font grimper la température en quelques minutes, rendant la tente insupportable. Dehors, la ville est déjà en ébullition, des musiciens jouent au loin, les cyclistes, déguisés, font leurs premiers repérages de la ville, certains goûtent déjà
aux joies de la circulation en véhicules mutants. D’autres, comme moi, ébahis, regardent le spectacle qui les entoure avec des yeux d’enfants. Une seule envie alors : quitter le camp et partir à la découverte de ce nouveau monde, vite, très vite !
Tellement vite d’ailleurs qu’on en oublie les protections indispensables dans le désert, lunettes de plongée et masque respiratoire… La punition est aussi rapide que vicieuse… une tempête de sable à ne plus voir devant soi au-delà d’un mètre, à rendre la respiration laborieuse, douloureuse aussi. Une correction sévère qui laissera des traces sur le corps et le matériel photo pour le reste de la semaine. Nous voilà prévenus.
Photo : Jeremy Barré © 2008
Dans ces conditions, la circulation dans la ville est rendue très difficile. Les choses simples comme boire ou manger deviennent vite un casse tête si l’on ne veut pas ingurgiter trop de poussière. Comme beaucoup, nous nous réfugions au Center Camp, havre de paix au centre de la cité où artistes et conférenciers en tous genres se relaient jour et nuit. C’est ici que les Burners viennent chercher calme et repos. C’est ici aussi que sont vendus les seuls biens payants à Black Rock City : Limonade, café, mocha…
Photo : Jeremy Barré © 2008
Dehors, la tempête fera rage pendant des heures, fatigante, éprouvante, décourageante parfois… mais lorsque le soleil disparaît derrière les montagnes du Nevada, le calme revient sur la playa ; la poussière retombe, le vent se fait de plus en plus discret, la cité peut vibrer à nouveau…
Les jours suivants, le temps sera heureusement bien plus clément. Aucune tempête, des températures « raisonnables » et surtout, les organismes commenceront à s’adapter à cet endroit inhospitalier. Le temps de la découverte est alors venu.
Les jours sont faits de promenades dans la cité, au rythme des concerts, des installations artistiques, des conférences et autres Workshop en tous genres (politique, sexe, arts…). Ici, pas de contrainte, aucune règle régissant nos vies à l’extérieur n’est valable, à l’exceptions des simples règles de bon sens et de savoir vivre. Une idée : partager et surtout participer… Les personnalités se révèlent, se désinhibent… si bien que la vie de certains s’en voit totalement bouleversée. Il parait qu’on ne ressort pas tout à fait le même de Black Rock City.
Photo : Jeremy Barré © 2008
Photo : Jeremy Barré © 2008
Lorsque la nuit tombe sur le désert, les Lamplighters font leur apparition sous les acclamations des Burners. Leur rôle : éclairer la cité pour que la vie continue. Leur marche est lente et précise ; elle se fait dans un silence religieux que seules les percussions du meneur viennent perturber. Les Lifters accomplissent leur balai, libèrent les porteurs de leurs lampes, puis les hissent au sommet des lampadaires en bois installés le long des axes principaux.
C’est le temple qui sera éclairé en dernier : lieu de recueillement à la porte du désert, fait de bois et de matériaux de récupération qui s’entrechoquent, se frottent, offrant au lieu une atmosphère irréelle. Les Burners viennent ici pleurer leurs proches disparus, laisser un simple mot, graver un message dans le bois, ou laisser une offrande sur l’un des nombreux autels… Dehors, une douce voix s’élève : un chant magnifique, aérien, on jurerai entendre un ange. Le lieu, l’ambiance, cette voix, tout est si beau, si apaisant ; je peine à retenir mes larmes.
Photo : Jeremy Barré © 2008
Photo : Jeremy Barré © 2008
Le reste de la nuit, tout est fête, musique et performances artistiques. Les meilleurs DJ’s du moment remplissent les nombreuses boites de nuit (simple dômes de toile montés pour l’occasion) alors qu’à l’extérieur, les véhicules mutants brillent de mille feux. Néons psychédéliques, lasers, et jets de flammes éclairent la playa. Le spectacle ne ressemble à rien de connu jusque là, comment le décrire ? Une fête post-apocalyptique peut être…
Photo : Jeremy Barré © 2008
La nuit durera jusqu’au petit matin… ici, pas de pause, pas de répit, à chaque instant, il se passe des millions de choses. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, la cité vie, gronde… La fin de la semaine approche, le Man sera brûlé. bientôt aussi, il faudra penser à partir… quitter le désert de Black Rock pour retrouver la vie qu’on a laissé à l’extérieur. Plus le recul est grand plus l’expérience paraît sensationnelle et inoubliable.
Surpris ? Oui, a chaque instant !
Y retourner ? Oui, sans aucun doute
Un sentiment ? Une chose est sure : je ne suis pas ressorti tout à fait le même de Black Rock City.
Jeremy BARRÉ
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Bientôt sur www.itwasadream.fr
Je tiens à rendre Hommage à mon fidèle Pentax ME qui n’a malheureusement pas survécu à la tempête de sable…













Il existe une communauté française de BURNING MAN, animée par les représentants officiels de BURNING MAN en France: ce sont les French Burners ! On notera en particulier le GUIDE DU FRENCH BURNER A BURNING MAN (16 pages) à télécharger sur le site
« Burning Man: Voyage in Utopia », film documentaire de Laurent Le Gall. Le film sur Burning Man à voir absolument! Extraits et bande annonce du film, dossier de presse, DVD à la vente sur http://www.freerunpictures.com
Pour y prendre des photos…
http://www.pixelistes.com/forum/sortie-photo-festival-burning-man-2009-nevada-hein570-le-31-08-2009-inscription-new-vt49635.html
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