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Reza à l’honneur dans le nouvel album RSF pour la liberté de la presse

29.09.08 | Anouchka Collette | Comment?

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3- 1985. Afghanistan. Province du Nouristan.
Rires et jeu d’imitation du photographe de passage
dans un pays en guerre.Copyright Reza/Webistan.

Parce qu’il est toujours utile de rappeler que la liberté d’informer, dans certains pays, ne va pas de soi, Reporters sans Frontières publie son deuxième album de l’année. Disponible dans les kiosques depuis le 25 septembre, au prix de 9.90euros, ce beau recueil rassemble 100 clichés éclectiques du photographe iranien Reza.

Le parcours de Reza

Ce sont souvent des photographes au parcours semé d’embûches, emblématiques de la cause défendue, qui acceptent (bénévolement) de collaborer aux publications de RSF. Reza fait partie de ces portes drapeaux. Né en 1952 dans l’Iran du Shah, persécuté par le régime pour ses photos, qui révèlent les exactions du pouvoir en place, il est finalement contraint à l’exil alors qu’il n’a que 29 ans. Il prend ainsi conscience de la force des images, parfois plus efficaces que les mots pour dénoncer, pour marquer les esprits. Reza se décrit d’ailleurs comme « un être engagé, qui utilise la photographie comme un outil ». Une volonté obsessionnelle de témoigner semble l’habiter, lui qui ne cesse jamais de photographier, en « état permanent de photographe », comme le décrit joliment Alain Genestar, directeur de Polka Magazine, qui l’a cotoyé à plusieures reprises. Depuis 30ans, au cours de ses périples autour du globe, Reza a donc réalisé des milliers de clichés, souvent magnifiques, toujours confondants d’authenticité, parce que l’homme et le photographe ne font qu’un chez Reza. Il est aujourd’hui un photographe reconnu, qui collabore avec de grands journaux, comme le National Geographic ou le Time Magazine. On a également pu admirer son travail sur les grilles du Jardin du Luxembourg à Paris, en 2003, avec l’exposition « Destins croisés ».

L’album

On y croise des visages familiers, comme celui de Yasser Arafat, du Commandant Massoud ou encore de Benazir Buttho, leader pakistanaise disparue en décembre dernier, mais surtout de nombreux inconnus, aux regards intenses, chargés de sens. Reza est avant tout un humaniste, et son appareil s’immisce au coeur de l’homme.« Je vis avec [les gens] » explique t-il, « je partage leur souffrance et leurs joies quotidiennes. C’est sans doute pour cette raison qu’ils ne me considèrent pas comme un intrus. [...] L’appareil est oublié, la vie normale poursuit son cours et j’en suis le témoin. ». Reza sait saisir l’instant, capter les regards, comme celui, rieur, malicieux, un peu intimidé, de ce petit Afghan en couverture de l’album. Les clichés, souvent réalisés dans des pays en guerre, s’attardent sur des visages, des expressions. Reza se dit fasciné par l’étonnante capacité de résilience de ces hommes et ses femmes. Cette aptitude salutaire qui fait qu’au coeur de la situation la plus dramatique, l’homme trouve en lui la force d’oublier, de surmonter, d’aller de l’avant, à l’image de ces enfants qui rient dans un Afghanistan en guerre.

Le combat de RSF

A travers le travail de Reza, RSF choisit de mettre l’accent sur la situation de la presse en Afghanistan. Le photographe est en effet le fondateur de l’association AINA, qui aide et forme les professionnels des médias afghans. RSF entend ainsi rappeler la fragilité de la liberté de l’information dans ce pays encore très instable, plus de 7 ans après la chute du régime des Talibans. Les journalistes, dont le nombre augmente régulièrement, y subissent quotidiennement pressions et menaces, et exercent leur métier souvent au péril de leur vie.

Plus largement, RSF, qui souffle ses 20 bougies, rappelle l’ampleur du combat qu’il reste à mener, dans un monde où 1/3 de la population vit dans un pays où il n’existe aucune liberté de la presse. L’organisation souligne l’utilité des fonds récoltés grâce aux ventes de l’album, qui représentent plus de 60% du budget de RSF. L’argent a par exemple permit cette année d’aider les journalistes touchés par le cyclone Nargis en Birmanie, pays où le développement de la presse, sous le régime de fer de la junte militaire, s’avère particulièrement essentiel.

Après les albums de Sabine Weiss et de Bettina Rheims, « l’album Reza » s’affirme comme radicalement différent. L’objectif reste pourtant le même : aider Reporters sans Frontières à se battre « PARTOUT où le simple fait d’être journaliste expose aux brimades, aux persécutions, à la prison, voire à la mort », comme le promet Pierre Veilletet, président de l’organisation.

Dès novembre, des calendriers RSF seront également disponibles, à 12 euros, pour continuer de soutenir l’organisation.

Anouchka Collette

www.rsf.org

Riza

1- 1985. Afghanistan. Vallée du Panjshir.
Portrait du commandant Massoud, chef de la résistance afghane,
assassiné en 2001.Copyright Reza/Webistan.

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2- 1985. Afghanistan.
Il s’appelait Amir Gol qui signifie « Prince des Fleurs »,
dans un pays meurtri par la guerre. Copyright Reza/Webistan.

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