
© Ref 1. Copyright Annee Olofsson
L’automne est de retour. Avec lui revient l’envie de flâner et de laisser le temps s’écouler sans se presser. Le dimanche, journée si importante pour se reposer de la semaine passée et se préparer à la suivante, nous invite à l’errance. Physique et spirituelle. Quoi de plus agréable alors que d’aller explorer les rues de Paris sous la lumière orangée de fin d’après midi. Le Marais, où chaque ruelle évoque un peu plus le mythe parisien, saura combler nos attentes. Et là, à deux pas de la Bibliothèque Historique de la ville de Paris, l’Hôtel de Marle et son Centre Culturel Suédois nous offrent une autre façon de vivre notre dimanche. Dans un contexte politique, économique, social et même culturel (Saison culturelle européenne en France jusqu’au 31 décembre) où l’Europe est au cœur de tous les débats, voilà une belle occasion de s’immerger dans l’une de ses patries. L’association entre l’architecture de l’hôtel particulier caractéristique du patrimoine français et la culture suédoise est tout à fait cohérent et harmonieux.
Outre une petite exposition permanente retraçant l’histoire de l’édifice et les liens unissant les deux pays, le Centre propose régulièrement des expositions temporaires. Celles-ci utilisent le plus souvent les nouveaux médias comme moyen d’expression, la photographie tient alors une place centrale. Avantage certain l’accès aux expositions est libre.
En ce fameux dimanche d’errance donc découvrons « Croisée des regards ». Jusqu’au 26 octobre, cette exposition de photographies et de vidéos présente les travaux de trois artistes français et de trois suédoises. Pour ce projet, chacun a « carte blanche » pour mettre en image ce que lui inspire « l’autre pays ». La muse devient le pays où l’on est étranger, où l’on est accueilli et où les préjugés sont modifiés. Il s’agit alors de traiter un des aspects du pays visité ou une émotion ressentie afin de partager sa vision tout en se soumettant nous-mêmes aux regards des autres, de l’autre. Ce projet participe à son tour à la création de l’identité européenne où chacun trouve sa place et s’intègre, à la fois plus diversifiée et plus unie. Les français se sont, en effet, intéressés aux aspects traditionnellement liés à la Scandinavie comme le froid, la lumière et la chaleur humaine tandis que les suédoises ont préféré aborder des thèmes plus personnels comme le souvenir ou l’imaginaire. Anneè Olofsson nous surprend par exemple avec son installation autour de Charles Aznavour. Plus que la culture française c’est son influence en Suède et son impact sur sa vie familiale personnelle que l’artiste explore. Dans une démarche toute à fait différente, le français Yann Toma s’attarde sur la lumière et ses implications ; ses facultés à créer un espace chaleureux dans un pays réputé froid et pourtant où il fait si bon d’y vivre, ses possibilités à structurer l’espace. Ensemble les six photographes nous invitent à nous interroger sur l’espace qui définit notre identité personnelle.

© Ref 4bis. Copyright Ouest-lumière
Après ce voyage du nord à l’ouest de l’Europe, il est bon de retrouver cette fameuse lumière automnale en buvant un café bien chaud et en dégustant une pâtisserie à la cannelle typiquement suédoise dans la cour de l’Hôtel de Marle. C’est l’occasion alors de partager ses impressions sur l’exposition. Peut-être que le regret d’une muséographie si décousue voire absente dominera le débat, mais cette déception sera bien vite effacée par la douceur de ce dimanche après midi. Finalement ce n’est peut-être pas pour la qualité propre de l’exposition mais pour sa thématique qui invite au voyage et favorise la flânerie de l’esprit que je vous convie à cette promenade dominicale.
Oriane Leroux
Centre Culturel Suédois. 11 rue Payenne 75003 Paris Si vous n’êtes pas disponible le dimanche, le centre est également ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 12h à 18h.La croisée des regards
Du 19 septembre au 26 octobre


