12 artistes, une multiplication de technique et de supports, différents pays, de nombreux concepts, tout cela est mis en place dans la Centrale Electrique de Bruxelles pour tenter de prendre du recul sur notre société, tout en promouvant l’art contemporain. Mais « trop is te veel », c’est pourquoi malgré une initiative qu’on ne peut que louer, on est en droit de se demander si l’exposition n’aurait pas gagné en étant mieux ciblée.
« Réfléchir le monde » en une exposition, le défi est grand. Proposé par la Ville de Bruxelles, il est organisé dans le cadre de la saison culturelle européenne, une émanation de la présidence française de l’Union européenne.
L’initiative est louable. Son objectif est de « rassembler des photographies, vidéos, installations de 12 artistes français ». Les oeuvres présentées sont en outre très belles. Et elles tentent de répondre au défi de la modernité. D’ailleurs, dès l’entrée, les cartes sont sur table : il nous est annoncé que les artistes proposent tous une vue critique – mais jamais désabusée – de notre société moderne. A ce niveau-là, on peut dire que c’est une réussite. Chaque oeuvre s’inscrit dans notre réalité et ses multiples contradictions.
On ne manquera pas de remarquer le travail de Philippe Chancel sur les Emirats Arabes ou la photographie engagée de Lise Sarfati, qui nous laissent le goût amer d’un grand vide, d’une immense solitude et qui nous choquent par ce qu’elles révèlent des ravages causés par une société en perdition. L’espace permet une mise en valeur idéale de ces différentes œuvres. Des hauts plafonds, des couloirs aux murs blancs, renforcent cette impression de mouvement continu dans un désert sans fin.
Malgré les qualités de l’exposition, le défi reste trop grand. Ou l’exposition inachevée. On reste, malheureusement, sur sa faim. Les déficiences vont d’un manque de cohérence, à un manque d’explications, en passant par des supports trop diversifiés et un thème pas suffisamment ciblé. C’est dommage, mais peut-être inhérent à ce genre de sujet très ambitieux.
Et cela reste une exposition à voir, pour prendre l’espace d’un instant, le recul que demande notre société encore et toujours en mode consommation.
Marie-Noëlle Rasson
CLAUDINE DOURY Danses Kazakhes Kazakhstan 2003 Jet d¹encre pigmentaire 25 x 37,5 cm Courtesy Galerie Camera Obscura © Claudine Doury
ERIC BAUDELAIRE Fondations Série : États Imaginés 110 x 143 cm c-print, diasec, chêne édition de 5 + 2 é.a. courtesy Galeria Juana de Aizpuru, Madrid © Eric Baudelaire
ETIENNE BOSSUT "Carpet Bombing", 2005 150 moulages polyester bleu, jaune, rouge, noir, vert Dimensions variables Copyright : Photo: Galerie Chez Valentin, Paris Collection MAC/ VALERIC BAUDELAIRE Une tonne de mandarines Série : États Imaginés 110 x 139,5 cm c-print, diasec, chêne édition de 5 + 2 é.a. courtesy Galeria Juana de Aizpuru, Madrid © Eric Baudelaire
ERIC BAUDELAIRE Marée Série : États Imaginés 110 x 141,5 cm c-print, diasec, chêne édition de 5 + 2 é.a. courtesy Galeria Juana de Aizpuru, Madrid © Eric Baudelaire
Ange LECCIA "Le Mur", 2003 Arrangement Video, DVD en boucle 19 mn, parpaings. Variables - 4m de base minimum Ed. 2/3 Courtesy Galerie Almine Rech, Paris © Ange Leccia
RÉFLÉCHIR LE MONDE
Exposition du 16 octobre au 11 janvier 2009LA CENTRALE ÉLECTRIQUE
Place Sainte-Catherine 44
1000 Bruxelles
T : + 32 2 279 64 35 – 279 64 45 – 279 64 52
www.brupass.be
Du 16 octobre 2008 au 11 janvier 2009
Du mercredi au dimanche de 10h30 à 18h
Fermé les jours fériés et les 24 et 31.12 2008
Tickets : € 5, € 4, € 2 (étudiants), gratuit pour les moins de 15 ans
Chèques Culture Sodexho, Cultuurcheques, Article 27





ERIC BAUDELAIRE
Une tonne de mandarines
Série : États Imaginés
110 x 139,5 cm
c-print, diasec, chêne
édition de 5 + 2 é.a.
courtesy Galeria Juana de Aizpuru, Madrid
© Eric Baudelaire
ERIC BAUDELAIRE
Marée
Série : États Imaginés
110 x 141,5 cm
c-print, diasec, chêne
édition de 5 + 2 é.a.
courtesy Galeria Juana de Aizpuru, Madrid
© Eric Baudelaire
Ange LECCIA
"Le Mur", 2003
Arrangement Video, DVD en boucle 19 mn, parpaings.
Variables - 4m de base minimum
Ed. 2/3
Courtesy Galerie Almine Rech, Paris
© Ange Leccia