Paris 1949 - 1952 Robert Frank © 2008 Robert Frank
La photographie américaine est à la mode à Paris. Nous avons pu voir durant l’année passée Richard Avedon, Annie Leibovitz, Saul Leiter, une exposition sur la photographie américaine des années 70 … Le jeu de paume nous présente actuellement une œuvre clé de l’histoire de la photographie : les américains de Robert Frank.
La première partie de l’exposition est consacrée à la fameuse série « Les américains » publiée pour la première fois à Paris en 1958 par Robert Delpire. On retrouve dans l’exposition tous les tirages du fameux livre. L’ordre des images y est même conservé ! Cette exposition a donc un premier intérêt : c’est une exposition historique.
Il y aurait un avant et un après « les américains ». En effet, Robert Frank présentait dans cette commande une Amérique différente, prise de la route: Chicago, Los Angeles, Detroit, New York , Salt Lake City, le Tennessee, la route 90… Au cours de ce périple, il découvre les inégalités sociales et raciales, le désœuvrement de la jeunesse, la précarité, la tristesse, la solitude ou encore l’individualisme… tous ces aspects, pourtant bien réels, de l’Amérique, seront jugés « sinistres, pervers, anti-américains ». Ces photos nous dévoilent une Amérique en totale contradiction avec l’imaginaire typique de cette époque. En son temps, le livre ne fut donc pas couronné de succès.
A propos de l’exposition à proprement parlé, les tirages présentés sont bien mis en valeur. Un bon point également, des exemplaires du livre sont en libre consultation tout au long de l’exposition sur des grandes banquettes, ce qui permet de reprendre ses forces après un bain de foule. Hé oui, la photographie est de plus en plus appréciée par le public, Il y a donc foule dans les expositions !
La deuxième partie de l’exposition présente à mon à vis beaucoup moins d’intérêt. Le sujet principal est Paris, la ville des humanistes. Robert Frank photographie globalement les mêmes sujets (une simple anecdote : il ajoute des fleurs sur une bonne quantité d’images). La magie et l’humour qu’on a l’habitude de voir dans les images de cette époque ne sont, à mon avis, pas présents. Par contre, les tirages sont d’époque, ils sont sales et poussiéreux. Ce qui leur donne du charme!
C’est une exposition à voir, d’avantage pour son intérêt historique que pour son originalité ! Mais toi, cher lecteur, qu’ as tu pensé de cette exposition?
Baptiste Galea
Detroit 1955 Robert Frank © Robert Frank, from The Americans





Une précision : « Les américains » a été publié pour la première fois à Paris par Robert Delpire en 1958 et non pas en 1968.
Merci, nous corrigeons ! :) à bientôt sur fill-in !
Ayant visité cette exposition avec une amie qui travaille au sténopé, j’ai pu constater une nouvelle fois la subjectivité inhérente au domaine artistique :
Si elle a adoré les photos sur Paris avec leur grain, les flous, les ambiances enfumées et fantomatiques, j’ai quant à moi porté ma préférence sur les photos américaines, bien plus attiré par leurs contrastes marqués, leurs jeux d’ombres et de lumières, leur netteté…
Une belle expo qui a donc réunit tout le monde!