
La Cigarette 1929 Marianne Breslauer © Marianne Breslauer / Fotostiftung Schweiz
Paris inspire. Les expositions s’y multiplient et le spectateur assidu a pu découvrir cette année la capitale à travers les grands noms de la photographie. L’occasion était rêvée : Consacrer une exposition thématique à Paris.
Quel Paris ? Celui de l’entre-deux-guerres : Un Paris qui fascine par l’espoir économique qu’il suscite, érigeant avec fierté sa tour Eiffel, un Paris où les photographes du monde entier se retrouvent, certains par fascination pour cette capitale moderne, d’autres par nécessité plutôt, cherchant une alternative aux régimes fascistes de l’Europe des années 30.
Un Paris historique, celui des années folles, mais également multiple : Un Paris métal, un Paris nocturne, un Paris brumeux ou en contre-plongée à travers l’œuvre de Marianne Breslauer.
La ville est croquée sous toutes ses formes : ses ambiances et ses quartiers. Ses habitants également et leurs attitudes insolites : l’art de fumer la cigarette d’une séduisante parisienne, la manière de s’adosser sur les quais des ouvriers. C’est le Paris populaire et ses métiers en voie de disparition qui nous émeut et nous fige comme dans une carte postale de l’époque.

Sans titre 1929 Marianne Breslauer © Marianne Breslauer / Fotistiftung Schweiz
Les années folles sont des années de fête et d’insouciance mais également de grande effervescence artistique. Les portraits d’hommes de lettres de Gisèle Freund nous convient en face à face avec Virginia Woolf, James Joyce ou Walter Benjamin.
Et puis c’est le Paris surréaliste d’Eugène Atget avec ses cours, ses places, ses jardins et ses kiosques, le Paris de Dora Maar avant que Picasso ne lui fasse abandonner la photo pour la peinture : un Paris historique mais retravaillé à l’aide de collages, de solarisations, de photomontages et de photogrammes. L’avant-garde se dévoile à travers ses acteurs, ses ambiances et ses expérimentations formelles.
On retiendra ce portrait d’une marchande de ballons pris au Parc Monsouris par George Brassaï, les fabuleuses mains de Jean Cocteau sur son chapeau (de Brassaï également).
Enfin le portrait déroutant d’Eisenstein pris par Germaine Krull nous rappelle que la pratique de photographie n’est pas très loin de celle du cinéma des années trente.
Beaucoup sont passés par Berlin et se retrouvent à Paris pour exercer leur œil et leur Art. Paris profite de ce brassage culturel intense offrant son plus beau visage de modernité et s’érigeant comme capitale mondiale de la photographie. Le voyage est plutôt convaincant.
Laure Delmoly
L’exposition
A l’Hôtel de Sully du 10 février-24 mai 2009.62, rue Saint-Antoine
75004 Paris
Du mardi au vendredi de 12h à 19h
Samedi et dimanche de 10h à 19h
Fermeture le lundi
Tél. 01 42 74 47 75
Le livre
Paris, capitale photographique 1920-1940. Collection Christian BouqueretUn catalogue bilingue (français / anglais) est publié en coédition avec les éditions de La Martinière.
Prix de vente public : 35 € ; format 19 x 24 cm avec grands rabats ; 120 photographies, 192 pages.
Textes de Christian Bouqueret et Andy Grundberg ; entretien de Christian Bouqueret et Marta Gili ; avant-propos de Michaël Houlette et Marta Ponsa, commissaires de l’exposition.

Satin et plumes 1933 Emmanuel Sougez BNF

La Tour Eiffel 1930 François Kollar © Ministère de la Culture et de la Communication - Médiathèque du Patrimoine / François Kollar / dist. RMN



Merci pour l’info. Je passerai certainement faire un tour.