
En Espagne, en 1936 débute une guerre civile entre deux camps encore mal définis à cette époque. La société va devoir choisir entre des idéologies différentes voulant s’imposer par la force. Ces mouvements vont se définir progressivement avec le soutien des grandes puissances qui seront plus tard les protagonistes de la deuxième guerre mondiale.
Que ferait-on si l’on se trouvait au milieu d’une guerre civile ?
Partir dans un autre pays ? Prendre les armes pour défendre un camp idéologique ?
Témoigner d’une façon neutre et indépendante ?
Serait-on capable de tuer un compatriote ?
La réponse d’Agusti Centelles i Osso a été de montrer au monde la réalité de la cruauté des espagnols qui s’entretuent. Il vit en Catalogne quand les troupes nationalistes attaquent, il se rapproche du camp des républicains et soutien leur cause activement. Centelles est un photographe de presse qui utilise à l’époque un « petit appareil » Leica, il est l’un des premiers à tenter cette expérience, qui lui permet plus de mobilité et d’autonomie.
Ses photographies nous montrent la guerre et la souffrance humaine vécue de l’intérieur. Il est à côté des combattants, des militants politiques et de familles. Il fait des photoreportages pour le journal « la vanguardia » avant de participer directement à la propagande du parti républicain.

Quand les nationalistes arrivent au pouvoir en 1939, Centelles a quitté l’Espagne et se retrouve dans les camps de concentration franquistes d’Argèles puis de Bram, en France. Grâce à une carte de journaliste expédiée par les autorités françaises, il monte un petit laboratoire photographique à Bram et continue sa « mission ». Il va ainsi nous montrer la vie du camp, les moments d’ennui, de tristesse ou de divertissement. Il va ensuite pouvoir quitter le camp et partir travailler à Carcassone. En 1942 il s’engage à nouveau dans une lutte, mais cette fois dans la résistance française. Son laboratoire est démantelé en 1944, mais il réussit à garder des milliers de négatifs qu’il confie à une famille de paysans avant de rentrer en Espagne.
En 1976, après la mort de Franco, il revient les récupérer pour finalement les exposer sans mettre en danger la vie des personnes qui y sont photographiés. C’est un court aperçu de cette vie extraordinaire que l’on peut apprécier à travers cette exposition, le travail, ou plutôt, l’engagement d’un homme envers son idéologie et le soutien d’un peuple.
Informations Pratiques
Agustí Centelles
Journal d’une guerre et d’un exil, Espagne-France, 1936-1939
09 juin – 13 sept. 2009
Paris. Jeu de paume (Sully)
Federico























Agusti Centelles : Une histoire de vie | Fill-in…
En Espagne, en 1936 débute une guerre civile entre deux camps encore mal définis à cette époque. La société va devoir choisir entre des idéologies différentes voulant s’imposer par la force. Ces mouvements vont se définir progressivement ave…
Encore sur une exposition exceptionnelle consacrée au travail du célèbre photo-reporter espagnol Agusti Centelles, témoin et acteur de la guerre civile en 1939 : c’est à Bram (Aude).
Au cours de son exil, Centelles réalise des portraits saisissants, des images de l’exode, mais aussi de nombreuses scènes de la vie quotidienne au camp de Bram (Aude). Ces photos, réalisées dans des conditions très précaires, sont un témoignage inédit de cette période sombre de l’Histoire.
Jamais exposés en France jusqu’alors, elles ont été mises à l’honneur cet été à Paris, au Jeu de Paume. Elles arrivent aujourd’hui à Bram, sur les lieux même de leur création, pour une exposition émouvante qu’il faut absolument découvrir, du 7 novembre au 15 décembre 2009.
Plus d’infos sur http://www.villedebram.fr.