
Betty at the Port Glasgow Town Hall Xmas Party 2005 Extrait de la série publiée dans The Port of Glasgow Book Project Mark Neville (Londres, 1966) Photographie couleur 101,7 x 126,7 cm © Mark Neville
Une foule à la plage. C’est par cette affiche à l’ambiance estivale étrange que s’annonce l’exposition. Étrange, car, rapidement, il apparaît qu’il ne s’agit pas d’un bord de mer, mais d’une plage artificielle dans un grand hangar. Bienvenu(e)(s) dans le monde de Martin Parr…
Martin Parr est surtout connu pour ses clichés de milieux populaires britanniques et son regard acéré, mais ce que révèle cette exposition, c’est sa passion des collections d’objets où se retrouvent ses thèmes photographiques favoris. Parr est un « collectionneur obsessionnel », comme il se définit lui-même, qui essaie d’ « amasser les choses le plus intelligemment possible, avec discipline ». Le premier niveau regroupe sa collection de photographies et de livres sur la photographie, ainsi qu’une collection de cartes postales plus kitsch les unes que les autres.
L’influence des photographes collectionnés sur son œuvre est manifeste tant dans les sujets que dans la manière de les photographier : milieux populaires anglais, clichés de regroupements festifs, regards pleins d’humour voire d’ironie… Il y a bien sur de grands noms comme Henri Cartier-Bresson, Robert Frank et Lee Friedlander. De belles surprises, comme Jim Goldberg et David Goldblatt et son regard sur l’apartheid. Quelques clichés plus étonnants, comme ceux des photographes japonais.
Dans cette collection, Il est essentiellement question de l’humain, plus que d’esthétique, et de nos façons de vivre. Les êtres sont incarnés et en mouvement. L’aspect social voire politique est souvent présent. Ces photographies disent beaucoup de notre société.
L’exposition présente aussi une des dernières séries de Martin Parr : « Luxury« , qui se veut un documentaire sur les comportements des riches dans le monde. Riches des 4 coins du globe s’y affichent sans complexe, dans leurs moments de détente. Le luxe y est ostentatoire, la vulgarité et le ridicule jamais très loin. Parr les photographie au plus près, ne laissant rien échapper à son regard traqueur du détail qui tue. Le choix de grands formats renforce l’effet loupe.

Jonanjima 2002 De la série "Half Asleep Half Awake in the Water" Asako Narahashi (Tokyo, 1958) Photographie couleur 37 x 55 cm © Asako Narahashi
Ces clichés nous montrent des gens pris dans certains contextes (réunions mondaines, loisirs …) qui vont provoquer inévitablement les images attendues par Parr. Il produit ainsi des images sans surprise et superficielles comme ce qu’elles laissent entendre de leurs sujets. Sans doute, la réalité est proche. Mais cette vision manque de subtilité.
Au delà d’un témoignage sans concession sur le mauvais goût, ces images sont révélatrices de l’uniformisation des pratiques et des styles, conséquence de la mondialisation. Ce que confirme la collection d’objets du merchandising politique de tout bords. Ces produits font sourire ou frémir, mais montrent bien que, d’un extrême à l’autre, les méthodes sont les mêmes.
Quel que soit l’intérêt de son propos, Martin Parr a su créer, par une approche non consensuelle, un univers qui lui est propre, empreint de ses questionnements et de ses obsessions.
C est un personnage hors norme ou, pour reprendre les mots de Cartier-Bresson à son sujet, « d’une autre planète ».
Fleur Jouas
Jeu de Paume site Concorde – Jusqu’au 27 septembre 2009

USA. Hollywood. Attendees at a charity function 2000 De la série "Luxury" Martin Parr Impression numérique à jet d’encre pigmentaire 45 x 55 cm © Martin Parr, Magnum Photos / Kamel Mennour



Planète Parr – La collection de Martin Parr | Fill-in…
Une foule à la plage. C’est par cette affiche à l’ambiance estivale étrange que s’annonce l’exposition. Étrange, car, rapidement, il apparaît qu’il ne s’agit pas d’un bord de mer, mais d’une plage artificielle dans un grand hangar. Bienvenu(e)(s) dans …