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Concours Photo, Coup de coeur, Photographes

Lucie et Simon

24.05.10 | Tania Koller | 2 Comments

Screen shot 2010-05-18 at 1.42.40 PM

© Lucie & Simon - Série "Scenes of Life"

L’équipe Fill-in a découvert le travail de Lucie et Simon dans le Magazine, que l’on ne cesse de recommander : « DE l’AIR Magazine« . Tout le monde à déjà vu au moins une de leurs images. Ils sont dans tous les magazines, et pour cause, ils viennent de remporter le Prix HSBC de la Photographie 2010. Mais ce n’est pas pour cela que nous les avons choisis. Notre choix s’est fait sur une envie. Leurs clichés donnent envie d’écrire. Ils sont séduisants et dérangeants en même temps: Doubles, pour notre plus grand plaisir.

Screen shot 2010-05-18 at 1.42.53 PM

© Lucie & Simon - Série "Scenes of Life"

L’art de la Mise en scène, du Romantisme au Cinéma.

Dans leur travail, la mise en scène est un point essentiel. Elle est minutieusement travaillée. La machinerie, c’est a dire l’envers du décors, est savamment cachée bien sûr. Ils font des photos  grand format, ce qui peut faire penser à la peinture d’histoire : Théodore Géricault, Eugene Delacroix , Caspar david friedlich… La référence picturale est également présente dans leurs gammes de couleurs et leur travail sur la lumière, très élaboré.

La référence au Cinéma est claire (photo ci-dessus). Comment ne pas avoir en tête, des scènes culte du cinéma, se passant dans des escalier, comme par exemple Psychose, D’ Hitchcock (1960). Le procédé , c’est à dire l’angle de vue, est également cinématographique. La plongée, est l’axe de prise de vue situé au-dessus du sujet, du haut vers le bas. Cet angle de vue différent leur permet de mettre à distance ce qu’ils photographient. L’effet produit est un tassement, un écrasement de la perspective qui donne une sensation d’enfermement, de micro monde…

Screen shot 2010-05-18 at 1.42.35 PM

© Lucie & Simon - Série "Scenes of Life"

Screen shot 2010-05-18 at 1.42.13 PM

De La rêverie au quotidien (« Scènes de vie »)

Leur images sont comme des instantanés d’un film qui se serait arrêté ; ce film qui pourrait bien être le film de la vie, ce temps qui court toujours et qui apparait ici au ralenti. On est invité à y rester, à se laisser emporter par le flot de notre imagination, à partir d’images banales, ou du moins ordinaires, quotidiennes. Grâce à cet angle de vue sur la scène, on est ce troisième œil, ayant le pouvoir de voir sans être vu. Alors, on se rend compte que ce « rien à voir » était plus riche que l’on espérait.

Sur cette photo (ci-dessus), chaque objet est soigné. Elle pourrait être le début d’un script ; Une machine à écrire ou à décrire. On ne peut se lasser d’une telle image qui évoque des natures mortes, ou l’œuvre de l’artiste Daniel Spoerri, célèbre pour ses tableaux-pièges : des reliefs de repas collés sur la table même et présentés au mur comme des tableaux.

Il nous vient en tête , les travaux de Georges Perec sur le banal et l’extra-ordinaire. Son travail sur le quotidien, le recours à l’observation et à l’autobiographie ainsi que le goût des histoires. Peut être une clef de plus pour comprendre.

Screen shot 2010-05-18 at 1.42.59 PM

© Lucie & Simon - Série "Scenes of Life"

 » Des espèces d’espaces » fort en proposition, c’est sûr. Des fictions données. Novalis disait : « Le monde doit être romantisé. Ainsi on retrouvera le sens originel. [...] Quand je donne aux choses communes un sens auguste, aux réalités habituelles un sens mystérieux, à ce qui est connu la dignité de l’inconnu, au fini un air, un reflet, un éclat d’infini : je les romantise ». Cela correspond tout a fait a leur travail « romantique » dans le sens de cette définition de donner aux choses quotidiennes un aspect nouveau, inconnu.

Screen shot 2010-05-18 at 1.42.46 PM

© Lucie & Simon - Série "Scenes of Life"

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La légèreté et la pesanteur ou « L’insoutenable légèreté de l’être »

En regardant de plus près on se rend compte de la dualité de ces images. Dans un premier temps , elle nous paraissent être comme des bulles de savon : légères, enveloppantes et volantes. Puis on y voit un monde clos, puissant et pesant où l’homme se trouve seul, exposé à son environnement, responsable de sa vie et de ses choix. Alors on bascule d’une impression à l’autre sans jamais pouvoir trancher.

Le titre « L’insoutenable légèreté de l’être » du fameux roman de Milano kundera pourrait illustrer leur travail. Il y a ce mélange de sensation, d’être en apesanteur, puis ce sentiment de pesanteur à nouveau qui nous envahit. Il y a ce paradoxe, ce jeu permanent sur la gravité.
Ce terme « apesanteur » était le terme fort pour désigner, cet état d’absence, d’où les personnages semblent évoluer ;  tantôt perdus, tantôt faisant face au monde qui les entoure.

On comprend pourquoi en ce moment, ils sont chéris des médias et des plus grand prix de Photographie. Leur œuvre est déjà très mature. On ne manquera pas de les suivre de prêt. On espère continuer à être aussi étonnés. Oui , on l’a dit on aime et ça se voit !

Tania Koller

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© Lucie & Simon - Série "Earth Vision"

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© Lucie & Simon - Série "Silent World"

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Le prix HSBC pour la Photographie les a distingués pour leur série « Scènes de vie ». Leur travail sera exposé à la Galerie Lebon à Paris au mois de Juin. Leur première monographie, publiée en coédition avec Actes Sud, sortira à Arles lors des Rencontres photographiques.

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