Julien Gasco : « Crossroads »

© Julien Gasco

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Pour ce nouvel Exposez-vous, c’est un habitué de Fill-in qui s’est prêté au jeu ! Julien Gasco nous présente son travail photographique et nous invite à le découvrir à partir du 28 novembre au « De l’autre côté » à Paris

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’ai 26 ans, je suis Chargé de communication et je fais de la photo pour le plaisir. J’habite à Paris mais je suis né et j’ai grandi à Montpellier.

Depuis quand pratiquez-vous la photographie ?
Je pratique la photo depuis 2005. J’ai commencé à m’y intéresser quand j’ai acheté mon premier numérique – un Sony modèle «grosse brique»- un ou deux ans auparavant, mais rien de bien sérieux à cette époque. C’est un ami qui m’a dit que je devrais «creuser» un peu. Je me suis pris au jeu, j’aime l’objet en lui-même autant que le moyen d’expression.

Avec quel type de matériel avez-vous débuté ?
Je me suis acheté un bridge à l’occasion d’un voyage en Chine. Un moyen d’aller un peu plus loin sans avoir à porter deux kilos de matériel en plus de mes bagages, et de prendre des photos de meilleure qualité. Mais c’est en rentrant en France que j’ai commencé à y consacrer un peu plus de temps. J’ai récupéré le réflex Ricoh de mon père avec deux focales fixes, un 30mm et un 50mm. C’est un excellent moyen d’apprendre les rudiments techniques et de réfléchir à ses prises de  vues -pellicule oblige. Un an après, je me suis acheté un reflex numérique.

© Julien Gasco

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Quelques anecdotes sur les étapes de votre apprentissage ?
Une des étapes les plus importantes de mon apprentissage a été l’achat d’un labo photo d’occasion avec des amis en 2008. D’une, parce qu’on a passé des soirées excellentes. De deux, parce que j’ai découvert que la retouche existait en argentique, et même qu’elle était une étape inévitable pour tirer le meilleur de son négatif : filtres de contraste, masques, virages, etc. Je me suis mis à Photoshop pour faire la même chose en numérique. C’est devenu une étape incontournable de mon « travail ».

Pouvez-vous nous dire quelles sont, vos “références” en matière  de photographie ?
Je ne suis pas très calé en histoire de la photo. J’admire Willy Ronis pour sa capacité à saisir l’instant et ses cadrages toujours justes. Mais j’ai aussi un faible pour le coloriste Saul Leiter.

Si vous deviez citer UN photographe qui vous inspire particulièrement,  qui serait-il ?
Saul Leiter m’inspire plus que les autres, parce que j’admire son coup d’œil et son traitement de la couleur. Je trouve ça beau sans vraiment arriver à expliquer pourquoi. Cette capacité à figer des « tableaux », ça me fascine. Je pense notamment à une de ses photos d’une femme assise à la terrasse d’un café parisien. Le tirage est magnifique, on dirait une peinture !

Avec quel matériel travaillez-vous ? Qu’est-ce qui a motivé votre  choix ?
Les objectifs du Ricoh à monture K m’ont orienté vers le Pentax K100D, puis au K7, qui me convient amplement. En argentique, j’ai aussi un Leica R3 avec un summicron 50mm f2 que m’a donné mon oncle. Pas facile à maîtriser, mais je m’y emploie. Le plus important c’est quand même que l’appareil soit fidèle et qu’on se sente bien avec, pas la marque ou le modèle.

Quel(s) type(s) de photos réalisez-vous ? Une raison particulière à cela ?

Je fais presqu’exclusivement de la photo quand je voyage. Quand je reste trop longtemps au même endroit, je perds un peu l’inspiration.
En ce qui concerne mon style de photographie, c’est à vous d’en juger, mais je pense que j’ai un regard plutôt contemplatif. Je privilégie l’ambiance et le spontané, ou l’insolite, plutôt que le témoignage.

© Julien Gasco

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Vos photos sont prises dans des pays et lieux très différents  (France, Chine, Hong Kong, Danemark…). Comment s’articulent votre travail et  vos voyages ?
J’ai eu la chance de voyager avec mes parents étant jeune, puis pendant mes études et mon travail (j’ai vécu un an en Chine et six mois à Hong Kong). Je n’ai jamais voyagé pour prendre des photos, c’est toujours l’inverse qui s’est produit. Je shoote pour le plaisir et pour le souvenir, en essayant d’éviter l’effet carte postale. Et ce n’est pas toujours facile !

Vous semblez apporter un traitement particulier à chaque photo. Pouvez- vous nous en dire plus sur votre démarche, de la prise de vue au  traitement de vos clichés.
J’essaie surtout de capter l’ambiance du lieu. Ensuite je modifie niveaux et couleurs pour mieux la retranscrire. Je considère de toute façon que le moment où l’on déclenche, aussi bien que le cadrage ou le choix de la couleur ou du noir et blanc sont une interprétation de la réalité. Accentuer ou modifier un peu les couleurs par un traitement croisé, c’est juste une interprétation de plus que je m’autorise. Bon, il ne faut pas tomber dans l’excès non plus… J’essaie, j’explore et parfois je me trompe et je reviens en arrière ! Et puis, je fais aussi un peu de noir et blanc.

Vous organisez prochainement une exposition sur Paris, c’est le moment  de nous en parler !
Cela fait un moment que j’y pense, sans vraiment oser le faire… Et mes amis m’ont fait ce joli cadeau pour mon anniversaire : ils ont cherché et trouvé un café où exposer mes photos ! C’est une super opportunité de présenter mon travail, et je profite de cette interview pour les remercier. Une trentaine de mes photos seront donc exposées au bar « De l’autre côté », 7 rue Léon Jouhaux, dans le 10ème, à Paris (métro République), du 28 novembre au 5 janvier. Le vernissage aura lieu le dimanche 28 novembre. N’hésitez pas à passer, vous serez les bienvenus (Plus d’infos bientôt sur www.cafedelautrecote.fr)

© Julien Gasco

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Si vous deviez choisir un seul de vos clichés, lequel serait-il ?
Ce n’est pas facile de choisir… En ce moment j’aime bien la photo de l’ouvrier en contre-jour, en dessous d’une fenêtre pendue à une grue. J’étais tout seul dans Copenhague ce soir-là, et la lumière était superbe, je me suis régalé.

Qu’aimez-vous particulièrement dans la photographie ? Quels sont vos  petits plaisirs ?
Quand une photo surgit de nulle part alors qu’on se demande pourquoi on a eu l’idée de sortir avec son appareil, c’est vraiment jouissif! On n’est pas toujours récompensé, mais quand ça arrive, ça fait plaisir… alors on recommence !

Merci à Julien pour cet Exposez-vous ! et rendez vous à partir du 28 novembre  pour l’exposition !

Vernissage exposition « Crossroads » : dimanche 28 novembre 17:00 – 22:00
Café  « De l’autre côté »
7, rue Léon Jouhaux, 75010 (Métro République)
Paris, France

Jeremy Barré

© Julien Gasco

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5 comments on "Julien Gasco : « Crossroads »"

  1. Quand la production de certains s’arrete, d’autres continuent et avancent! Bien joué pour cette exposition! A quand le livre pour que ceux qui sont loin en profite eux aussi ? Aux merveilleux souvenirs de la Bastion Forte melangée a l’odeur du revelateur!

  2. Pingback: Les tweets qui mentionnent Julien Gasco | Fill-in -- Topsy.com

  3. Merci pour ce bel interview tout en simplicité. Images bien sympa!

  4. Beau cadeau que cette expo !

  5. l’ambiance ,le spontané et l’insolite c’est ce qui correspond à l’idée que je me fait de la photo
    joli travail bravo!

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