«
»

Coup de coeur, Exposez-vous, Photographes canadiens

Jane Heller / Pellicule Sensible

01.04.12 | Fleur Jouas | Comment?

Tombés sous le charme de ses images sensibles et graphiques de symboles de Montréal, nous avons cherché à en savoir plus sur Jane Heller, photographe canadienne. C’est ainsi que nous avons découvert l’univers photographique de cette artiste au regard singulier, qui, avec un grande maîtrise technique et sens certain de la composition, laisse les sentiments prendre le dessus.

Qui êtes-vous?

Je m’appelle Jane Heller, je suis photographe free-lance et je vis à Montréal.

Comment êtes-vous devenue photographe ?
J’ai travaillé comme directrice artistique pendant de nombreuses années, puis j’ai réalisé que je n’étais pas très heureuse de faire ce que je faisais. La photographie a toujours été ma passion, donc je me suis jetée à l’eau et je suis retournée à l’école pour étudier la photographie commerciale en 2000. Depuis je travaille à plein temps comme photographe free-lance. Curieusement, mon style se rapproche plus de l’édition que de la publicité.

J’ai lu que vous étiez designer graphique auparavant, qu’est-ce que cela apporte dans votre pratique de photographe ?

En tant que graphiste, on apprend à exprimer visuellement une idée de la façon la plus simple possible pour avoir le plus grand impact. Cette pratique a complètement inspiré la manière dont je vois et photographie le monde autour de moi.

Que cherchez-vous à transmettre dans vos photos ?

Je veux que les gens ressentent quelque chose quand ils regardent mon travail. Je ne veux pas juste faire de belles images.

Quels sont les photographes qui vous ont influencé ? Ceux qui vous inspirent ?

Marry Ellen Mark, Sally Mann, Larry Towell… Mon dieu, la liste est longue. Les gens sont devenus tellement accessibles avec internet que je découvre de nouvelles inspirations tous les jours.

Avec quel matériel travaillez-vous ?

Je possède un Canon 5D Mark II 24-70mm lens 50mm 1.2 lens.

Vous avez reçu un prix (PDN Photography Annual 2006) pour la série «No man’s land», photographies d’un aéroport à l’abandon à Chypre. Qu’est-ce qui a donné naissance à ce reportage ?

Parfois, les opportunités se présentent toutes seules à nous… J’aimerais pouvoir dire que j’ai passé des mois à faire des recherches sur ce projet et à essayer d’obtenir l’autorisation pour avoir accès à cette base des Nations Unies, où se situe l’aéroport abandonné, mais l’histoire beaucoup plus simple que cela. Je rendais visite à une amie qui travaillait pour les Nations Unies, à Chypre. Son patron apprit que j’étais photographe et insista pour m’emmener voir l’aéroport, qui se situe dans la « zone verte » sous contrôle onusien. J’eus une heure pour prendre mes photos. C’est un cadeau que l’on m’a fait!

J’aime particulièrement les séries « Pat » et « Binks », pouvez-vous en parler ?

Le projet a démarré avec Pat. Pat est une amie de la mère d’une amie. Je la rencontrais chaque année au moment des fêtes de Noël. Une femme très chrétienne, avec un sens de l’humour excentrique. On m’avait dit qu’elle avait une chambre à coucher rose. Cela m’intriguait et un jour, je lui ai demandé de la photographier. Au départ, ce devait être un simple portrait mais au final, je suis restée quatre heures chez elle, à tout photographier, depuis sa salle de bains jusqu’à ses chaussures dans le placard. Pendant ces quatre heures, elle s’est confiée à moi et m’a raconté son étonnante vie. J’ai pris Pat en photo un an avant qu’elle ne vende presque tous ses biens et parte s’installer avec sa cousine dans une autre province, à l’âge de 87 ans. Cette expérience m’a inspirée pour créer une prochaine série : capturer ce moment fragile de la vie de gens de plus 80 ans. J’aimerais les montrer dans toute leur gloire au milieu des objets qui leur sont chers. En ce faisant, les aider à raconter leur(s) histoire(s).

extrait de la série

extrait de la série

Qu’est-ce que vous aimeriez photographier par dessus tout ?

Je suis allé en Inde en 2002 pour y réaliser mon portfolio de diplôme. Mon rêve est d’y emmener ma fille et, 10 années àprès, de photographier les gens et la culture de l’inde.

Quelles seront vos prochaines aventures photographiques ?

Mon prochain projet aura pour objet la natation synchronisée! Soyez à l’affût… Je travaille aussi à un projet sur la relation mère-fille, avec ses tensions classiques. Sur ma mère et moi.

extrait de la série

extrait de la série

extrait de la série

interview : fleur jouas

Version anglaise / English version

Fallen under the spell of sensitive and graphic pictures of Montreal’s signs, We looked for knowing more about Jane Heller, a Canadian photographer. Thereby we have discovered a singular photography world revealing technical skills and a great sense of composition, which lets feelings overcome the viewers.

Who are you?

My name is Jane Heller and I’m a freelance photographer living in Montreal.

How did you became a photographer? What led you to photography?

I was working as an art director for many years and finally realized I wasn’t very happy doing what I was doing. Photography had always been my passion so I took the plunge and went back to school to study commercial photography in 2000. I have been working as a full time freelance photographer ever since. Interestingly my style of photography lends itself more towards magazine work than advertising.

I read that you were a graphic designer previously, what has it brought to your practice as a photographer ?

As a graphic designer one learns to convey a visual idea as simplistically as possible to get the most impact. This training has definitely carried through to the way I see and photograph the world around me.

What do you want convey in your photographs?

I want people to feel something when they look at my work. I don’t just want to make pretty pictures.

Which photographers have influenced you? Which ones inspire you?

Mary Ellen Mark, Sally Mann, Larry Towell, … OMG the list is endless. With everyone being so accessible by the internet I discover new inspiration every day

Which equipment do you work with?

I have the Canon 5D Mark II 24-70mm lens 50mm 1.2 lens

You won a PDN Photography Annual 2006 award for « No Man’s Land », what is the genesis for this project ?

Sometimes opportunities present themselves without much effort… I would love to say I spent months researching my project and trying to gain access to the UN base where the abandoned airpot is located, but it was a much simpler story than that. I was visiting a friend in Cyprus who worked for the UN, when her boss found out I was a photographer he insisted i go and check out the airport that was situated in the « green zone » that was under UN control. I had an hour to get my shots. It was a gift that was handed to me!

I particularly like « Pat » et « Binks » stories, would you like to talk about them?

The project began with Pat. Pat is a friend of my friend’s mother. I would see her every year at Christmas gatherings. A very Christian lady with a wild sense of humour, I was told she had a pink bedroom. I was intrigued and asked to photograph her one day. Initially it was going to be a simple portrait but I ended up staying for four hours, photographing everything from her bathroom to the shoes in her closet. In those four hours she opened up to me and told me her amazing life story. I photographed Pat a year before she sold most of her belongings and moved to another province to live with her cousin at the age of 87. This experience has inspired me to create an ongoing series: to capture that fragile moment in time for most people over 80 years of age. I want to present them in all their glory amongst their prized possessions. And by doing so, help tell their life stories’.

What would you like to photograph more than anything else ?

I went to India in 2002 to shoot for my graduating portfolio – It’s my dream to take my daughter and head back after 10 years to capture the people and the culture of india.

What would be your next photographic adventures ?

My next personal project is about synchronized swimming! stay tuned…. I am also working on a project about the typical fraught relationship between Mother and daughter. My Mother and myself.

Exprimez-vous !

Ajoutez un commentaire ou un trackback depuis votre site. Subscribe to these comments.

Soyez sympas, respectez les autres, et bien sûr pas de spam !

Vous pouvez utiliser ces tags
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

:

:


«
»